Décollage imminent (E.VI)

Cachez moi ce rap que je ne saurais voir. Votre quotidien est lassé des trois mêmes titres grinçants qui squattent vos écouteurs. Vous êtes en quête d’une nouveauté que vous ne savez trouver. Nous, on a plein de fraîcheurs à vous balancer, comme des princes. Épisode VI, recueil des percée imminente. 

CLEPS – L’élève (freestyle)

On vous avez déjà parlé du MC dans l’épisode V, et on va continuer. La prod entrainante lui va à merveille, mais il lui rend bien. Il y traine un flow tellement maitrisé qu’on veut bien croire que l’élève ait dépassé le maitre, quelqu’il soit. On entame un storytelling qui nous mène dans son épais monde, fait de rimes fastes et de références fines. Tout ça avec tant de facilités qu’on jurerait qu’il peut continuer éternellement. Et on prend.

NARF8 – BAMBAM

« Il est connu le mec qui fait ça ? », que Vince repose la question dans quelques mois et on se fera un plaisir de répondre que oui, qu’il fait parler de lui et qu’on comprend pourquoi. Prod et flow sont plus compatibles qu’Olive et Tom et tout aussi efficaces. Membre du groupe Artcore State Of Mind, NARF8 pose sous l’étendard du label de Minerve Records. On y retrouve les codes sortis des nineties qui transpirent sur le son et son clip. Le mélange est bon, on vous le conseille jusqu’à l’ivresse.

DJANGO – Fichu

God damn ! Ça va vite, très vite. Tout est parfaitement calibré. La prod, le flow qui s’y pose et le clip qui les accompagne. L’influence visuelle et sonore est assez explicite, héritage d’un MC qui verra, hunhun. Frappé par un mec avec un blaze d’esclave, ça se tient. C’est sombre, très technique et parfaitement maitrisé. Le MC se paye le luxe de prétendre à une percée sans avoir à progresser, haut comme il est.

 

 

ASH KIDD – TN

La côte-ouest en stage à Strasbourg. L’esthétisme à l’américaine, noyé dans les filtres instragram et les ambiances nocturnes, mêlé aux sonorités sombres et parfois lancinantes de la trap. Le garçon est aussi beatmaker et sa sensibilité pour les productions s’exprime très clairement. Les instrumentales sont très soignées. Le rap en slowmotion, qui joue la carte victorieuse du raffinement. Mais Ash Kidd ne se contente pas d’exceller dans le style qui est le sien, il va voir ailleurs. Mêle les influences, embrasse différents genre musicaux et se balade de l’un à l’autre sans trembler. La noirceur en douceur, l’amertume dans la brume qui précède la colère mélodieuse.

 

Sopico – Heat

La 75e session n’arrêtera donc jamais de nous régaler. Le très fertile studio parisien où Georgio échauffait jadis ses rimes, nous présente Sopico. Son EP, Mojo, s’ouvre sur une intro très calme, attirante qui nous séduit comme le chant des sirènes. Quand on ouvre les portes, le reste est à la hauteur, faste, sombre parfois, réussi toujours. Après « Time », généreux en rimes, Sopico se construit un chemin direct pour la lumière, pavé de ses écrits.

Pierre-Nicolas Baudot

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