Ceci est mon rap (E.IV)

Cachez moi ce rap que je ne saurais voir. Votre quotidien est lassé des trois mêmes titres grinçants qui squattent vos écouteurs. Vous êtes en quête d’une nouveauté que vous ne savez trouver. Nous, on a plein de fraîcheurs à vous balancer, comme des princes.

Jazz Cartier – Always up to something 

Toronto avait déjà enfanté de l’inévitable Drake, depuis la fourmilière canadienne a montré qu’elle gardait de beaux bébés pour le rap jeu. Jazz Cartier est l’un d’eux. Il contribue à donner de l’amplitude à la scène rap canadienne. En 2015, il raconte sa ruée vers le paradis dans l’excellent « Marauding in Paradise », un an après il sort « Hotel Paranoïa ». Entre les pérégrinations de son adolescence et la vie nocturne de ses 22 ans, Jazz s’est défini une identité qui pourtant ne le contraint pas dans un case. Les flows comme les prods vagabondent parmi les styles. Avec « Always up to something », poésie de nuit se mêle avec l’ambiance ouatée des clubs.

 

Westside Gunn ft. Danny Brown – Bodies on Fairfax

Tout droit venu de Buffalo et de ses sombres entrailles, Westside Gunn fait transpirer de ses mots le rugueu bitume des avenues, la noirceur du ghetto et l’air comminatoire qu’on y respire. Il a vendu de la drogue, fait crier les armes et connu l’ombre des cellules. Depuis, il s’est assagi et a décidé de multiplier les projets. En 2016, il nous balance trois tapes adulées par la critique. Le sourire inquiétant du gamin ensanglanté qui rit sur la cover de FLYGOD précède la veuve noire Griselda Blanco de DON’T GET SCARED NOW. Sur le court « Bodies on Fairfax », il invite Danny Brown sur une prod aux sonorités évocatrices de « City Life », pour une finalité qui ne peut que vous pousser à vous jeter sur les nombreux projets qu’il a porté.

 

Salomon Faye – W.T.F

Avant New-York, les allées de Brooklyn et ses blocs, Salomon Faye a connu notre bel hexagone. Né parisien, il a fait grandir son art avec ce bon vieux Jazzy Bazz. Maintenant c’est dans les artères de la grande pomme qu’il traine ses rimes. Entre la variété de ses flows, la hauteur de son écriture et la disparité de ses humeurs, Salomon est taiseux hors de sa musique. Mais face au mic, ça frappe fort. En 2015, il sort « Stimulation », avec le puissant W.T.F. qui veut exactement dire ce que vous imaginez.

 

 

Ratking – Canal

Young Guru. Pas évident que ce nom ait bien souvent résonné dans vos oreilles, pourtant, on le retrouve derrière dix des albums du grand Jay-Z. C’est aussi lui qui mixe le premier LP de Ratking, le quatuor New-Yorkais. Biberonnés aux Nas, Biggie et autre Wu-Tang, les emcees racontent leurs allées dans « Canal ». Des gamins à peine entrés dans la vingtaine qui s’érigent en héritiers des fructueuses nineties. L’album « So It Goes » est sorti en 2014.

 

Homeboy Sandman – America, the beautiful

Homeboy pourra bientôt raconter qu’il a dix ans de carrière. Cinq EPs, presque autant d’albums et quelques gros sons avec. Le garçon de maison du grand Stones Throw Records sortait « Hallways » en 2014, avec notamment le très énergétique « America, the Beautiful ».

 

Pierre-Nicolas Baudot

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