Le rap sombre de la jeunesse américaine (E.III)

Épisode III. Cachez moi ce rap que je ne saurais voir. Votre quotidien est lassé des trois mêmes titres grinçants qui squattent vos écouteurs. Vous êtes en quête d’une nouveauté que vous ne savez trouver. Nous, on a plein de fraîcheurs à vous balancer, comme des princes.

Chester Watson – Dead Albatross

On commence en douceur, dans le calme. Bientôt, sur Freed, on aura l’immense bonté de vous présenter le génie de Saint Louis, Chester Watson. Le flow monotone, supporté à merveille par la légèreté de la prod, donne envie de s’enfoncer dans son canapé vieillissant, fermer les yeux et de se laisser bercer. Plein de calme, d’assurance et de maîtrise, le gamin vient de franchir les 19 ans, et pourtant un nombre de tracks déjà hallucinant.

 

Jimi Tents – Elmer Fudd

On continue avec la douceur, avec la jeunesse aussi. Jimi pose sa voix grave et apaisée sur l’instru planante de Sedroc. 19 ans, lui aussi, mais plein d’adresse. Ce morceau a mis un peu de lumière sur un nom qui ne devrait pas tarder à résonner dans bien des bouches, comme on l’entend déjà du côté de Brooklyn. Au refrain, Moxie Raia mêle sa voix et le résultat marche bien, très bien. Jimi sort son premier « single officiel », au flow un peu plus agressif où il commence à montrer les dents. 

 

Denzel Curry – Lord Vader Kush II

18 ans, trois mixtapes, un crew et déjà un tas de morceaux. Denzel Curry est du genre hyper-productif. Il bosse, beaucoup. Mais bien, surtout. Des travaux bien produits, léchés et bien finis. Le MC de Floride s’est fait un style, baigné dans la noirceur. La semaine passée, on vous présentait le rap mortuaire de Bones, il est rare que Denzel dérive du funeste. Des sons très sombres pour l’immense majorité, biberonnés aux grosses basses qui résonnent comme le glas. S’il s’essaye à chanter dans le très bon « Like me », qui paraît presque festif comparé au reste de la mixtape, dans Lord Vader Kush II Denzel est chonchon. Ça va vite, c’est implacablement calibré et bien énervé.

 

Earl Sweatshirt – Chum

Damn! OddFuture a débarqué dans le rap jeu sans politesse et s’est fait une place sur toutes les lèvres. (Presque) immédiatement on pense à ce possédé de Tyler, The creator. Mais dans son dos, le fascinant Earl Sweatshirt. Un talent indéniable, pourtant, après la sortie de sa première mixtape, le MC disparait. Les critiques sont élogieuses, mais sa mère s’inquiète. Ses relations, son futur, les possibles emmerdes. Elle l’envoie au Samoa dans un camp de redressement. Là-bas, il lit, il écrit aussi. Quand il revient, le garçon a muri et ses sons ont suivi. Des textes qui donnent à penser, n’impactent que les mots qui provoquent la réflexion, non ? En plus, Earl sait s’entourer. Sur le projet Doris, qui soit dit en passant, semble être de mon humble avis l’un des meilleurs trucs que la terre n’ait porté, le rappeur feat avec les Vince Staples, Frank Ocean, Mac Miller et autre Tyler, the creater. Of course.

 

A$AP Twelvyy – YNRE

Le A$AP Mob a fourni de beaux paroliers, derrière le maître Rocky. Mais il a aussi donné des producteurs aux doigts de fée. Sur YNRE, AraabMUZIK s’est fait plaisir. La boucle entrainante fait dodeliner nos têtes et supporte le flow de Twelvyy. Le dixième track de la mixtape du A$AP Mob frappe fort, c’est pas du Rocky mais ça fonctionne bien. 

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