Comment est organisé l’État Islamique

Malgré l’organisation d’un coalition occidentale fin 2014 à son encontre, le groupe État Islamique résiste tant bien que mal. Afin de mieux comprendre les enjeux de l’intervention contre l’EI au Moyen-Orient, revenons sur les éléments fondateurs de l’État Islamique : sa politique, son territoire, sa structure et ses sources de financement.

Idéologie et politique de l’organisation

Le principal but de l’Etat Islamique est l’établissement, ou plutôt le rétablissement d’un califat, le dernier ayant disparu avec la dissolution de l’Empire Ottoman en 1924. L’EI a annoncé la mise en place de ce califat le 29 juin 2014, et considère donc que le territoire sous son contrôle est maintenant dirigé par le chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi, proclamé calife et considéré dorénavant comme le « chef de tous les musulmans ». L’EI entend s’imposer comme la principale autorité religieuse et politique, et impose à tous les groupes musulmans de faire allégeance. Cependant, ce califat est contesté au sein du monde arabe : le Front Islamique et le Front Al-Nosra, principaux organes rebelles syriens, ont déclaré nullité de la proclamation du califat.

Territoire en Avril 2015

En vert : Syrie / En jaune pâle : l’Irak
En noir : le territoire contrôlé par l’État Islamique.

Il est estimé qu’une population de dix millions d’habitants est sous le contrôle de l’EI.

L’État Islamique, avec l’établissement du califat, se considère comme un État à part entière, revendiquant comme capitale culturelle la ville irakienne de Mossoul et possédant comme centre de décision la ville syrienne de Raqqah. Il dispose de structures pouvant s’apparenter à un gouvernement et de personnalités dirigeantes bien définies et a donc établi une société civile qui impose son autorité et son contrôle sur la population. Il entend se doter de tous les attributs d’un véritable État en lançant sa propre monnaie, le dinar islamique. Mais il ne peut juridiquement pas se définir comme tel car il lui manque certains attributs, comme par exemple la reconnaissance de ses frontières par la communauté internationale.

Structure hierarchique

L’EI dispose d’une organisation structurée qui assure l’unicité du commandement.

Schématiquement, on retrouve à la tête de l’organisation le calife Abu Bakr Al-Baghdadi. Il est le leader politique et religieux. Au second échelon se trouve deux députés dont le rôle est de régir les opérations sur les territoires contrôlés. Le premier est Abu Muslim Al-Turkmani, régissant les opérations en territoire irakien, et le deuxième est Abu Ali Al-Anbari qui lui, s’occupe de la Syrie. Les deux hommes auraient été des Généraux de Saddam Hussein, chef de l’État en Irak entre 1979 et 2003.

Vient ensuite un « cabinet » qui conseille le calife sur les décisions à prendre.

Même si l’EI considère que la seule loi applicable est la Charia, il existe un conseil consultatif qui appuie le calife. C’est ce conseil qui serait à l’origine de la décision de décapiter les otages.

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Financement

La principale source de revenus de l’EI vient de l’exploitation des territoires et des populations sous son contrôle. En effet, selon le Council on Foreign Relations et le Washington Post, L’État Islamique en récolterait 8 millions de dollars mensuellement. Les combattants de l’EI mettent en place des impôts sur les populations ainsi que des taxes commerciales. Ainsi, les chrétiens de Mossoul doivent chacun payer un impôt de 250 dollars par mois.

L’autre principale source de financement est le vol et le pillage. En arrivant à Mossoul, les djihadistes se sont par exemple emparés des réserves des banques de la ville, un butin estimé à 425 millions de dollars.

L’EI opère également une contrebande d’œuvres d’art, ce qui lui aurait rapporté 36 millions de dollars, ainsi qu’un trafic d’êtres humains, notamment en vendant des femmes à des marchands d’esclave turcs et en opérant un système de kidnapping et de demande rançon. Ainsi, la mouvance djihadiste est devenue « l’organisation terroriste la plus riche du monde » selon l’International Business Times, avec un capital supérieur à 2,3 milliards de dollars.

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