Une photographe démystifie l’adage « heureux pour toujours »

Le virus princesse contamine la planète de rose. Overdose. Ras le bol de ces princesses passives, matérialistes et obsédées par leur apparence. Des mouvements anti-princesses, ne supportant plus le précepte «  heureux pour toujours », caricaturent les princesses Disney dans des situations aux antipodes de l’essence même d’une princesse.

Et si Raiponce avait le cancer ? Et si le prince charmant perdait son royaume et n’avait plus les moyens d’entretenir Blanche Neige ? La photographe Dina Goldstein l’a fait pour vous. Coup de projecteur dans un monde où la magie féerique a été substituée par la réalité pour le moins amer.

Les artistes adorent détester les princesses et leur infliger les pires situations du monde. C’est le cas de Dina Goldstein. Cette artiste canadienne, issue du courant pop surréalisme, ne conçoit pas la photo comme un objet esthétique reflétant des standards présupposés de la beauté mais plutôt comme un moyen d’évoquer – je dirai même de provoquer- un sentiment de colère, de honte, de choc et d’empathie de l’observateur. Le but étant de mettre en lumière la perspicacité de la condition humaine. Pour elle, la spontanéité et le manque de contrôle sont les clefs de l’inspiration.

Elle s’attaque à l’univers de Disney en réponse à une suite d’évènements corrélatifs. En effet, la photographe fait face, d’un côté, au cancer du sein de sa mère et de l’autre à une petite fille de 4 ans immergée dans cette culture des princesses Disney. Dina décide donc de démystifier l’aphorisme « heureux pour toujours ». Pour cela, elle confronte les princesses Disney aux difficultés de la vie courante dans une série de photo appelée « Fallen Princesses ». Féerie, princesse charmant et beauté sont supplantés par obésité, maladie et éclatement de la famille nucléaire.

Mon but était forcer les spectateurs à contempler la vie réelle : rêves irréalisables, guerre, pollution, extinction de la culture indigène, obésité, maladie et l’erreur de poursuivre la jeunesse éternelle — explique Dina Goldstein.

Par ailleurs, cette exposition artistique critique le consumérisme poussé à son paroxysme par une multinationale brassant des milliards chaque année en jouant sur des codes ayant une emprise sur les enfants. Il faut faire attention à ne pas envoyer un faux message, troublant ainsi les enfants dans leur arbitrage entre la vie réelle et le conte de fée.

Heureux pour toujours arrive toujours grâce à la bravoure du prince. C’est un message sexiste.

De manière générale, la quintessence de cette série de clichés se résume à « ce qui peut sembler parfait de l’extérieur ne l’est probablement pas » dira Dina Goldstein.

Toujours dans le même esprit, la photographe remet en question, dans son œuvre « In The Dollhouse », le stéréotype de la beauté et du pouvoir par l’intermédiaire du modèle de la poupée Barbie et de son compagnon, Ken. Vous avez toujours rêvés de vivre comme le sulfureux couple B&K ? Plus pour longtemps. En effet, « In The Dollhouse » est une incursion dans la vie, pour le moins sombre, de Barbie et Ken. Barbie est décrite comme une femme matérialiste, obsédée pour son apparence, délaissant ainsi son mari pour se faire une beauté. De son côté Ken a trouvé ses propres occupations : il a une aventure avec un homme. L’histoire se termine mal et Barbie finit décapitée. Mort classique chez les poupées paraît-il.

La surréaliste Dina Goldstein nous démontre qu’au-dessous de la surface lisse, polie de notre âge culturel pop, la vérité frémit pour être mise en liberté. Pari réussi pour cette artiste.

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