Nadja Purtschert raconte ses Jeux Olympiques

Photo AntoineNadja Purtschert a participé à l’épreuve de snowboard du Halfpipe à Sotchi, aux Jeux Olympiques d’hiver 2014. La jeune suissesse (24 ans) a depuis mis fin à sa carrière. Après avoir pris un certain recul sur cette expérience, elle revient pour Freed sur ce qu’elle a vécu durant ces JO d’hiver, en Russie.

C’était comment, Sotchi ?
Sotchi restera l’une des plus belles aventures de ma vie. Je n’aurais jamais imaginé que l’événement, dans son ensemble, serait aussi intense. Les athlètes et les membres de l’organisation étaient au top. Tout le monde était à fond sur les différentes compétitions. C’était bien d’être avec tous ces athlètes, originaires de pays différents et pratiquant différents sports, dans un seul et même village. J’ai été impressionnée par l’ambiance, tout le monde était heureux d’être là. Je sentais une sorte d’énergie positive autour de moi. L’une des choses les plus folles a clairement été la cérémonie d’ouverture, qui s’est déroulée dans le stade olympique. Vivre cet événement était incroyable et je me souviendrai toujours du défilé des délégations auquel j’ai participé.

Quelle a été ta réaction lorsque tu as appris ta participation aux Jeux Olympiques ?
J’étais allongée dans un lit d’hôpital avec une fracture au nez, des contusions osseuses un peu partout et une légère fracture à une cheville à cause d’une terrible chute au Burton European Open lors du mois janvier. Peu après m’être réveillée de mon opération, j’ai reçu un appel de la délégation suisse m’annonçant ma participation aux Jeux. J’étais très heureuse, mais j’ignorais vraiment si je pourrais être apte pour y participer. Avec les médecins, on a tout fait pour que je puisse remonter sur un board à temps pour Sotchi. Finalement, trois semaines seulement après mon accident, j’étais sur la neige à Sotchi !

Participer aux Jeux Olympiques a toujours été mon plus grand rêve

Comment t’es tu préparée pour une telle compétition ?
Participer aux Jeux Olympiques a toujours été mon plus grand rêve. Depuis que je suis toute petite, vraiment. J’ai commencé le snowboard à l’âge de six ans. D’année en année, mon entraînement s’est professionnalisé. Avec l’équipe nationale suisse, nous courrions toujours après la neige : l’été, nous allions nous entraîner sur les glaciers alpins ou en Nouvelle-Zélande. Quand je ne dévalais pas les pentes, je travaillais beaucoup physiquement : course à pied, gym, skateboard; mais je travaillais aussi mes figures pour le Halfpipe, en utilisant des trampolines et des foampits, forcément. La pratique du yoga m’a également beaucoup apporté : je travaillais avec un coach mental pour améliorer mes performances.

D’où venait ta motivation?
Le snowboard a toujours été ma plus grande passion. Lorsque j’ai découvert ce sport, ça a été le coup de foudre. Je suis heureuse quand je glisse. Tu es dans la nature, avec un groupe d’amis, et tu fais tout pour aller aussi haut que possible tout en essayant d’améliorer à chaque fois tes figures. À chaque fois, ça me procure des sensations indescriptibles. J’adore la compétition car cela me pousse à améliorer mes performances. Tu dois te fixer un objectif si tu souhaites t’améliorer. J’ai toujours tout fait pour participer aux Jeux Olympiques et grâce à l’entrainement, j’ai finalement atteint mon objectif. Il n’y a pas d’événement plus important que les Jeux Olympiques pour nous. J’ai relevé le challenge et j’ai réussi.

C’était comment, une fois sur la piste à Sotchi ?
J’étais très contente ! Et pleine d’énergie. J’attendais mon run avec impatience. Mon but était de faire une belle performance, de montrer mes plus belles figures et de donner un beau spectacle à tous ceux qui me regardaient. Je voulais profiter pleinement de ce moment.

Et au final, tu es contente de tes performances?
Pas du tout si je regarde simplement mes runs, car je sais que je peux bien mieux faire. Mais lorsque que je me dis que j’étais indisponible les quatre semaines précédentes, que je n’ai repris le snow que le jour même de la compétition – après un mois de repos – et que je suis quand même parvenue à tout donner, je dois dire que j’en sors plus que satisfaite. Je peux m’estimer heureuse d’avoir eu cette chance de participer aux Jeux et de glisser sur les pistes de Sotchi.

Je n’oublierai jamais ce sentiment que procure un tel événement

Comment juges-tu ton résultat, à savoir une 23e place à l’épreuve du Halfpipe.
Ce n’est pas le résultat que je souhaitais avoir. Mon but était d’aller en finale, mais après ma blessure, je savais que ce serait difficile de l’atteindre. Quoi qu’il en soit, j’ai fait de mon mieux et j’ai apprécié chaque moment. Après tout, il n’y a pas que le résultat final qui compte. C’est tout ce séjour à Sotchi qui rend cette expérience finalement si spéciale.

Qu’est-ce que tu n’oublieras jamais de Sotchi ?
Sans aucun doute le jour de la compétition. Ce sentiment que procure la participation à un tel événement, aussi immense, que j’ai attendu durant de longues années et auquel j’allais enfin pouvoir participer… je n’oublierai jamais ça. La veille, mon ami Iouri Podladtchikov a remporté une médaille d’or au Halfpipe. Ça restera également un moment inoubliable. Les Jeux Olympiques de Sotchi resteront globalement très émouvants pour moi.

Qu’est-ce que cette expérience à Sotchi t’a apporté sur le plan personnel ?
Je retiens qu’il est important d’avoir des rêves et de se donner des objectifs qui peuvent parfois paraître impossibles à réaliser. Il faut toujours croire en soi.

Enfin, pourquoi avoir décidé d’arrêter le snow au haut-niveau ?
Pour être au top, il faut beaucoup de travail. En tant qu’athlète, tu dois t’investir énormément pour y arriver. Le niveau devient de plus en plus élevé, et chaque année il y a plus d’accidents. Je me suis demandée si tout cela en valait la peine. La situation financière des athlètes n’est pas bonne non plus. Même dans les équipes nationales, les snowboarders doivent payer les voyages et les entrainements eux-mêmes. Pour que je puisse continuer la compétition, ma famille aurait du investir énormément, et ce n’est pas mon truc car je veux voler de mes propres ailes. Je n’aurais de toutes façons pas pu vivre du snowboard. J’ai beaucoup de reconnaissance envers ceux m’ont permis de participer à Sotchi, pour les très bons moments passés en compétition, à parcourir le monde, à rencontrer des gens aussi formidables les uns que les autres, et à pratiquer ma passion dans des lieux exceptionnels. Je suis si heureuse d’avoir eu la chance de vivre tout cela. Je vais continuer à pratiquer mais j’arrête la compétition. J’envisage de faire des séances photos avec mes sponsors à l’avenir et de continuer à profiter pleinement de ma passion avec mes amis !

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